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Appel de textes #9 – CRI

woman in black long sleeve dress screaming
Photo de Rene Asmussen sur Pexels.com

Après m’être réveillé en sursaut à la fin d’un cauchemar je me cogne le petit orteil en allant à la salle de bain un son inarticulé franchit mes lèvres ce matin je suis en retard la ligne orange connaît un ralentissement de service un petit bruit aigu m’échappe je me brûle la langue en sirotant mon café beaucoup trop chaud mon téléphone glisse sur le bout de mes doigts pour aller se fracasser sur le sol mini crise cardiaque j’essaie d’étouffer le son qui surgit dans le creux de ma gorge en allant faire du neuf à cinq assis dans un bureau alors que je rêvais d’être astronaute mais c’est trop d’effort je me dis que tout va bien alors que je voudrais dénoncer au quotidien d’autres réalités des injustices des inégalités des violences physiques psychologiques et sexuelles des conflits armés sur ma page d’actualité défile des pray for Syrie, Irak, Hong Kong, Paris, Grèce, Amazonie, Californie, Alberta, Australie la terre est en train de brûler les glaciers fondent et ma bouche ne peut qu’émettre un son d’une force parfois vigoureuse, aiguë, violente, saisissante et prolongée.

—> Le thème du neuvième appel de textes de la Revue Nyx est Cri ! Vous avez jusqu’au 5 mars pour nous envoyer votre poésie ou votre nouvelle (2000 mots MAXIMUM). Envoyez votre texte en Times New Roman, point 12, justifié, simple interligne à revuenyx@gmail.com

*En soumettant votre texte, vous acceptez les conditions suivantes :
https://drive.google.com/file/d/1XToc0UNV2Q7GoFNkLLg1k2X60QAVVBfw/view?fbclid=IwAR1zmkzVoMjOwiqwB-u8F0-wZfP0ZdCEzdXp0GfPxgb2JmS_3NWhqpp0IyE

Appel de textes #5 – FRUITS

close up photograph of slices orange citrus fruits
Photo by rawpixel.com on Pexels.com

Le fruit d’un effort :
ton teint de pêche
100 morceaux d’ananas sculptés en étoile
un Gâteau aux fruits (celui que ta grand-mère amène pour l’échange de cadeaux)
feindre de tomber dans les pommes (pour l’attention ou pour la télévision)
ne pas t’énerver lorsque tu entends la chanson « Tapes la pomme, tapes la poire, pousses l’ananas et mouds le café »

Le fruit défendu :
son teint de pêche
le vin ou le cidre (le lundi soir)
Madame Croque-Cerise (après ton dixième anniversaire)
le Garnier Fructis (parce que ta coiffeuse te l’interdit)

Le fruit du hasard :
être haut comme trois pommes
le nombre de cerises dans ta salade de fruits en canne
être attiré uniquement par les garçons aux pommes d’Adam proéminente
ne jamais avoir l’occasion d’utiliser l’expression «mi-figue mi-raisin»

C’est avec beaucoup d’excitation que la Revue Nyx lance son cinquième appel de texte! Vous avez jusqu’au 23 novembre pour nous envoyer votre poésie ou votre nouvelle (2000 mots MAXIMUM) sous le thème FRUITS à revuenyx@gmail.com  

Jesse Santerre, grand gagnant du concours de poésie de la Revue Nyx

Cuisinier de formation et artiste multidisciplinaire, Jesse Santerre réalise des films d’animation et collabore à différents projets artistiques. Une grande curiosité l’amène à explorer sa créativité à travers l’encre de chine, le cinéma, les arts visuels et quelquefois l’écriture. Il termine cette année son baccalauréat en cinéma d’animation à l’Université Concordia. Voici le texte avec lequel il remporte notre concours :

Nuit Tzatziki

lights night blur traffic
Photo by Tookapic on Pexels.com

Des poissons en émoi se noient au rivage
les algues langues se fissurent en mes doigts
rides aux mains de lendemain de veille.

Marche de mal de pieds, rebords de chemise
verre d’âme, pinte de veilleur
hiver rapiécé en miettes de comptoir
bouche d’égoût et gorge épinée.

Concours de poésie – été 2018

L’équipe de la revue Nyx a envie de vous lire un peu cet été (en attendant le prochain appel de textes). Nous lançons donc un concours de poésie (une page max) sans thème! Le ou la gagnante verra sa poésie publiée sur notre page Facebook et notre site internet à l’issue du concours. Vous avez jusqu’au 6 août pour nous faire parvenir votre texte à revuenyx@gmail.com ! Bonne chance !

Monique Le Maner, grande gagnante du concours de nouvelles de la Revue Nyx

Titulaire d’une maîtrise de lettres de la Sorbonne, Monique Le Maner a été professeure de lettres et de latin en France, en Algérie et au Togo avant d’être journaliste dans un hebdomadaire parisien. Émigrée au Québec en 1979, elle vit à Montréal. Elle est l’auteure d’un texte radiophonique (Les mamans), de nombreuses biographies et de récits pour enfants sous le nom de Monique Lepage ainsi que de trois romans policiers (La vieille fille et le foulard rougeOnésime et le chat noirLa dernière enquête). Elle a également publié cinq romans (Ma chère MargotLa dérive de l’épongeMaman goélandeRoman 41 et Un taxi pour Sherbrooke) ainsi que cinq nouvelles dans la revue littéraire Moebius. Voici la nouvelle avec laquelle elle remporte notre concours :

                      Quand je serai grand

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Photo by Johannes Plenio on Pexels.com

Quand je serai grand. Je suis encore si petit à ma fenêtre, devant mes peupliers qui froufroutent dans la nuit chaude, c’est l’été, un des premiers étés de la vie, le temps des vacances d’un écolier.

Quand je serai grand. C’est que je suis déjà bien plus grand devant la nuit, et le vent. Les peupliers sont là, moins sonores, plus discrets, il faut dire qu’il fait plus froid maintenant, le temps de la vie où on ouvre moins les fenêtres parce qu’on a autre chose à faire. Où on regarde par la fenêtre et où le vent, on l’entend moins, c’est sûr.

On a coupé les peupliers. Il paraît qu’ils étaient malades et se repassaient la maladie des peupliers, que le vent aurait pu emporter loin, très loin. Est-ce vrai ? On dit tellement de choses.

Je dois être bien plus vieux à présent. Il n’y a plus que le temps passé derrière moi. Devant, une rue tracée droite vers un carrefour tracé au couteau.

Dans la fenêtre, d’autres arbres dont je ne connais et ne connaîtrai jamais le nom. Même quand je serai grand. Même si je suis plus que grand à présent. À l’aube, ces arbres inconnus là acceptent de se teindre de rose et au soir, quand la nuit les avale, ils font mine de continuer de se balancer, sans plus grande force, dans l’absence de vent.

Est venu l’hiver, les routes sont plus sinueuses, hostiles aussi, les talus plus profonds. Par la fenêtre, que je n’ouvre plus que rarement, la rue se perd dans un brouillard laiteux et les trottoirs s’enfoncent sous les pas titubants des passants.

Quand je serai grand, j’inventerai des routes à la fois droites et souples, douces sous les pas et veloutées d’ocre et d’autres couleurs qui ne font pas mal aux yeux, j’inventerai des bosses dans les chemins qui amuseront les enfants et des carrefours en des angles un peu fous, pas déroutants pour autant, qui, non, ne feront pas peur ni d’accidents, qui feront rire. Quand je serai grand.

Un soleil orange traîne sur le stationnement du centre d’accueil. Et moi, courbé, le front contre la vitre, si petit.

Quand je serai grand, alors oui, j’aurai tellement aimé la vie.

Concours de nouvelles – été 2018

L’équipe de la revue Nyx a envie de vous lire un peu cet été (en attendant le prochain appel de textes). Nous lançons donc un concours de courtes nouvelles (400 mots max) sans thème! Le ou la gagnante verra sa nouvelle publiée sur notre page facebook à l’issue du concours. Vous avez jusqu’au 30 mai pour nous faire parvenir votre courte nouvelle à revuenyx@gmail.com ! Bonne chance !